Orientation sexuelle et genre

Orientation sexuelle et genre

Orientation sexuelle

L'orientation sexuelle est un mode  d'attirance de type émotionnelle, érotique, sexuelle, ou platonique pour le sexe opposé, le même sexe, ou les deux sexes.

Ces attirances sont généralement décrites comme:

- hétérosexualité

- homosexualité

- bisexualité.

- asexualité (absence d'attirance sexuelle) est parfois identifiée comme la quatrième orientation

L'orientation sexuelle n'est pas un choix mais une attirance ou orientation. Celle çi peut être figée à vie ou évoluer en fonction de la vie de chacun ou varier dans cette orientation.

L' identité sexuelle est différente de l'orientation sexuelle.

 

Il convient de noter que l'on peut se définir d'après une certaine orientation sexuelle, sans que son comportement amoureux ou sexuel ne soit en accord avec l'identité affirmée ; par exemple, de nombreuses personnes s'étant engagés avec des relations avec des personnes des deux sexes à des degrés divers ne se définissent pas comme bisexuelles mais comme « hétérosexuelles » ou « homosexuelles ».

 

Classification

 
L'échelle de Kinsey, comme l'ensemble des travaux de l'auteur, montre qu'en termes d'orientation sexuelle, « tout n'est pas blanc ou noir. ».
Le désir ou les expériences amoureuses ou sexuelles ne sont pas nécessairement polarisées selon un unique axe hétérosexualité (0) - homosexualité (6). Si le degré d'attirance pour un sexe ou l'autre peut varier (1,2,3,4,5), on parlera de « bisexualité » dès lors qu'il y a attirance pour les deux sexes, même si l'un prédomine sur l'autre.

L'orientation sexuelle d'une personne est classée en fonction du sexe du ou des partenaires désirés :

  • hétérosexuelle, si elle porte uniquement et exclusivement sur des personnes de l'autre sexe ;
  • homosexuelle, si elle porte uniquement et exclusivement sur des personnes du même sexe ;
  • bisexuelle, si elle porte sur des personnes des deux sexes, à des degrés divers.

Certaines orientations ne sont pas des sexualités effectives, pas « actives » :

  • asexuelle, s’il y a absence d'inclinaison sexuelle particulière.
  • altersexuelle, s’il s’agit du refus de catégorisation sexuelle (spécifiquement dans une sexualité ou orientation ou une autre).

L'orientation sexuelle, que son origine soit innée et/ou acquise, est attribuée par l'individu à ses sensations et conceptions personnelles (voir rationalisation) ; le comportement sexuel d'une personne peut être différent de son orientation.

Ainsi, par exemple, l'abstinence sexuelle n'est pas toujours la conséquence d'une orientation asexuelle. Des personnes peuvent pratiquer une sexualité différente de leur orientation si elles y sont contraintes par des circonstances principalement sociales (soumission à une autorité réelle ou imaginée) ou matérielles (incarcération en milieu unisexe). Il n'a pas encore été montré s'il était possible de modifier l'orientation sexuelle d'une personne par le biais de l'influence (psychothérapie, autorité, etc.), malgré de nombreuses tentatives contestables au cours des siècles.

Dans le Préambule des Principes de Jogjakarta, document sur le droit international des droits de l'homme, l'orientation sexuelle est comprise comme faisant référence à la capacité de chacun de ressentir une profonde attirance émotionnelle, affective et sexuelle envers des individus de sexe opposé, de même sexe ou de plus d'un sexe, et d'entretenir des relations intimes et sexuelles avec ces individus.

La Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne interdit toutes les discriminations y compris basées sur l'orientation sexuelle. Et en 2012, le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l'homme a publié un document "Nés Libres et Egaux" relatif à l'orientation sexuelle et l'identité sexuelle dans le droit international des droits de l'homme.

 

Le Genre


 
Une femme à l'usine pendant la Seconde Guerre mondiale, occupant ainsi un rôle traditionnellement vu comme masculin.

Le genre est un concept utilisé en sciences sociales pour désigner les différences non biologiques entre les femmes et les hommes.

Alors que le sexe fait référence aux différences biologiques entre femmes et hommes, le genre réfère aux différences sociales, psychologiques, mentales, économiques, démographiques, politiques, etc.

Le genre est l'objet d'un champ d'études en sciences sociales, les études de genre. Ce concept est apparu dans les années 1950 dans les milieux psychiatriques et médicaux, aux États-Unis. À partir des années 1970, le genre est fréquemment utilisé par les féministes pour démontrer que les inégalités entre femmes et hommes sont issus de facteurs sociaux, culturels et économiques plutôt que biologiques.

 

Étymologie

Le mot « genre » vient du latin « genus », devenu en ancien français « gendre ». Le mot a d'abord le sens de « catégorie, type, espèce » puis le sens de « sexe ».

Le mot a longtemps été majoritairement associé au genre grammatical. L'utilisation scientifique du mot, dans le contexte des rôles sociaux des femmes et des hommes, date de son emploi par John Money en 1955 et a été popularisé par le mouvement féministe dans les années 1970 et a progressivement remplacé l'usage du mot « sexe » dans les sciences sociales.

 

Le genre comme donnée sociale

Construction sociale

En 1972, Ann Oakley explique que masculinité et féminité ne sont pas des substances « naturelles » inhérentes à l’individu, mais des attributs psychologiques et culturels, fruits d’un processus social au cours duquel l’individu acquiert les caractéristiques du masculin ou (et) du féminin.

Selon Simone de Beauvoir, « on ne naît pas femme, on le devient. » Le sociologue Pierre Bourdieu estime que cela est également vrai pour les hommes : c'est à travers toute une éducation, composée de rituels d'intégration de la norme masculine, que se façonne l'identité masculine, et que l'homme assure dans la société une fonction de reproduction de la domination.

Ainsi considéré, le « genre » est l'identité construite par l'environnement social des individus, c'est-à-dire la « masculinité » ou la « féminité », qui ne sont pas des données « naturelles » mais le résultat de mécanismes extrêmement forts de construction et de reproduction sociale, au travers de l'éducation. L'identité de genre a traits aux comportements, pratiques, rôles attribués aux personnes selon leur sexe, à une époque et dans une culture donnée.

La norme sociale de genre peut être non seulement constructive mais aussi punitive : la déviation des rôles de genre (c'est-à-dire, un désaccord entre la présentation de genre d'une personne et la présentation de genre exigée d'une personne de son sexe) n'est pas toujours tolérée et certaines attitudes sont réprimées par la société. Un exemple simple est la « tenue » sociale : une blague sur le sexe sera vue comme relativement acceptable de la part d'un homme, mais sera mal acceptée si elle provient d'une femme.

Catégorisation

Mary Frith (Moll Cutpurse) a scandalisé la société anglaise du XVIIe siècle en portant des habits masculins et fumant en public, à l'opposé du rôle de genre.

Le sexologue John Money a inventé le terme « rôle de genre » en 1955. Il désigne les caractéristiques assignées aux genres, généralement vues comme une dualité femme-homme. Ces caractéristiques peuvent inclure les vêtements, les modes d'expression, les professions et la sexualité.

Vu ainsi, la norme sociale du genre peut être non seulement constructive mais aussi punitive, la construction du genre étant alors un impératif social : la déviation des rôles de genre (c'est-à-dire, un désaccord entre la présentation de genre d'une personne et la présentation de genre exigée d'une personne de son sexe) n'est pas toujours tolérée et certaines attitudes sont réprimées par la société.

La plupart des sociétés ne considère que deux grandes catégories de rôles de genre, masculin et féminin, correspondant aux deux sexes biologiques des hommes et des femmes. Toutefois, certaines sociétés intègrent des personnes qui adoptent le rôle de genre opposé à leur sexe biologique, par exemple les personne bispirituelles de certains peuples Autochtones d'Amérique. D'autres sociétés peuvent inclure un troisième sexe avec des rôles qui sont considérés comme distincts des rôles typiquement féminins ou masculins (et qui incluent parfois les intersexes ou les eunuques). Un exemple en sont les Hijras du sous-continent indien ou les Muxe de l'Oaxaca (Mexique).

Relations entre sexe et genre

Pour Christine Delphy, « le genre précède le sexe ; dans cette hypothèse le sexe est simplement un marqueur de la division sociale. » Penser le sexe en termes de donnée biologique est une impasse : pour elle le sexe est avant tout une représentation de ce que la société se fait de ce qui est « biologique ».

Selon Judith Butler, « le genre, c’est la stylisation répétée des corps, une série d’actes répétés à l’intérieur d’un cadre régulateur plus rigide, des actes qui se figent avec le temps de telle sorte qu’ils finissent par produire l’apparence de la substance, un genre naturel de l’être11. » Ici les actes et les discours relatifs au genre sont performatifs ; cela signifie que non seulement ces derniers décrivent ce qu’est le genre (performance) et par là même ont la capacité de produire ce qu’ils décrivent. Mais pour Judith Butler, « il faut aussi que le genre désigne l’appareil de production et d’institution des sexes eux-mêmes […] c’est aussi l’ensemble des moyens discursifs/culturels par quoi la “nature sexuée” ou un “sexe naturel” est produit et établi dans un domaine “pré discursif”, qui précède la culture, telle une surface politiquement neutre sur laquelle intervient la culture après coup. »

Questions diverses posées par la notion de genre

Questions juridiques

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Le sexe d'une personne comporte des conséquences suivant les législations nationales : le sexe est indiqué sur les documents d'identité, la loi prescrit parfois des mesures différentes pour les hommes et les femmes (en termes de pension de retraite par exemple), le mariage n'est parfois possible qu'entre personnes de sexe différent.

Quels sont les critères juridiques pour déterminer qu'une personne est homme ou femme : mais la question peut être complexe en cas de transidentité ou de personne intersexe.

La plupart des pays permettent à une personne intersexe de changer de sexe légal quand il établit que le sexe attribué à la naissance n'est pas le sexe réel. Mais il ne s'agit pas là d'un changement de sexe, plutôt d'une rectification.

Dans certains cas, des personnes transgenres peuvent faire changer leur sexe légal. Les conditions diffèrent d'un pays à l'autre et il peut arriver que le sexe légal d'une personne ne corresponde pas à son genre social.

Répartition des rôles sociaux

Le genre est parfois perçu comme induisant une répartition des rôles sociaux profondément inégalitaire. L'historienne Joan W. Scott présente cette dimension de la notion en ces termes : « le genre est un élément constitutif de rapports sociaux fondés sur des différences perçues entre les sexes, et le genre est une façon première de signifier des rapports de pouvoir. »

Conséquences économiques

Le genre, et en particulier le statut des femmes, est reconnu comme un facteur important dans le développement économique et social.

Discours sur le genre

Critique des études et du concept de genre

L'expression « théorie du genre »

Les expressions « théorie du genre » et « théorie du gender » apparaissent dans le monde francophone à la fin des années 1990, sous la plume d'auteurs catholiques qui rejettent ce qu'ils perçoivent comme une idéologie visant à déstabiliser les rapports femmes-hommes,. Ces expressions peuvent désigner, souvent sans les différencier, les recherches universitaires en études de genre, ou bien les politiques publiques d'émancipation des femmes et de lutte contre les stéréotypes sexuels.

Il faut noter d'emblée une guerre sémantique entre les opposants qui présentent les études de genre sous ce label global de « théorie du genre » ou « théorie du gender », et les universitaires ou chercheurs en études de genre pour qui le genre n'est pas une théorie mais plutôt un outil ou une méthode qu'ils utilisent ponctuellement. Sur le plan universitaire, « la théorie du genre n'existe pas. Il en existe une multitude. » Le sociologue Éric Fassin insiste sur le fait que « le genre est un concept. Ce n'est ni une théorie ni une idéologie, mais un outil qui aide à penser ».

Selon Anthony Favier et d'autres chercheurs, l'expression « théorie du gender » n'est pas anodine. En français, le mot « théorie » connote quelque chose de non prouvé, quand l'anglais theory fait avant tout référence à la théorie opposée à la pratique. L'emploi du singulier masque la pluralité de thèses aussi différentes que celles de Judith Butler, Christine Delphy… La « théorie du genre » serait un « ennemi imaginaire », une tentative de faire croire qu'il existe une stratégie politique unifiée derrière les études de genre.

Étant donné que les chercheurs refusent cette désignation, les opposants à la « théorie du genre » sont les seuls à avoir défini son contenu.
Le philosophe Drieu Godefridi estime que les gender studies comportent un versant descriptif et un versant prescriptif : dans ce dernier, « la théorie du genre préconise l'éradication de toute pratique fondée sur [des] stéréotypes » maintenant la femme en position d'infériorité.
Le psychanalyste Jacques Arènes, auteur d'un exposé sur le genre pour l'épiscopat français, appelle « gender theory » le « corpus idéologique utilisé par les lobbies gays pour défendre leurs idées soumises au législatif, concernant notamment le mariage dit “homosexuel” ».
Margaret Peeters considère la théorie du genre comme un phénomène culturel — davantage qu'une idéologie — qui se fonde sur « une conception du citoyen égal politique hostile à la paternité, à la maternité, à la filialité, autrement dit à la personne ».
Pour Tony Anatrella, la théorie du genre vise à libérer les hommes de la différence sexuelle et à faire reconnaître les couples homosexuels.

Affirmation de l'identité sexuée

À l'encontre du concept de genre, des arguments issus de différents courants intellectuels ou religieux voient dans les études de genre une doctrine politique qui s'attacherait à remettre en cause pour des raisons idéologiques l'organisation des sociétés considérée alors comme « naturelle ».

Pour la philosophe Chantal Delsol, « la théorie du gender ne suppose pas seulement le refus de l'individu d'être inscrit dans une appartenance sexuelle. Mais aussi le désir de l'individu de choisir, sinon son sexe biologique, au moins son appartenance de "genre". On va expliquer à l'enfant qu'il ne naît ni garçon ni fille, qu'il choisira plus tard. Nous sommes à l'acmé de la volonté de refaire le monde selon notre désir [...]. Ce qui veut dire que rien n'est nature, que tout est culture ». Elle estime que l'on va mentir aux enfants en niant la différence sexuelle. Elle dénonce l'enseignement, en France, de ce qu'elle considère comme une « idéologie » en cours de sciences de la vie et de la terre, une « opinion » qui « n'a pas vocation à s'imposer à tous les enfants de France comme si c'était une science ».

Le psychiatre Boris Cyrulnik considère que bien que « la culture, qui commence dès la naissance, entoure différemment un bébé fille et un bébé garçon » ; « le « genre » est une idéologie. Cette haine de la différence est celle des pervers, qui ne la supportent pas. ».

 

 

 

 

Dernière modification le samedi, 18 janvier 2014 18:10

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